Coup de cœur derrière les barreaux

Se lever à 7 h du matin, emprunter les rues de Cannes encore calmes et désertes, passer devant le Palais pas encore ouvert, rejoindre le grand auditorium Lumière, véritable sanctuaire du cinéma, où se pressent les fidèles (pardon, les festivaliers)  pour la plupart mal réveillés : oui, c’est vraiment à ce moment là qu’on sent que Cannes prend son rythme de croisière.

Et là dès les premières heures du jour, un film argentin de  Pablo Trapero, Leonora, vient nous réconcilier avec l’humanité, après les images sombres de la veille. D’après le sujet du film, on pouvait craindre le mélo, le mouchoir à portée de main. Il n’en est rien. Une jeune femme, Julia enceinte de quelques semaines et soupçonnée de meurtre, est incarcérée. Elle accouche dans une prison spéciale où les mamans peuvent garder leur enfant auprès d’elles jusqu’à l’âge de 4 ans. Derrière les barreaux, au milieu des poussettes, des couches et des aires de jeux, l’humanité reprend ses droits, sous le regard bienveillant des gardiens. Malgré l’enfermement, Julia connaît avec son fils de vrais moments de bonheur. Elle découvre aussi l’amitié et la solidarité. Une “famille” en somme. Ce film, co-produit par Walter Salles ( le réalisateur de « Carnets de voyage » ), est mon premier coup de cœur.

Un mot sur « Tokyo ! » dans la sélection Un certain regard. En l’occurrence, ici, il s’agit de trois regards sur la capitale nippone. Dont celui du cinéaste Leos Carax qui n’avait rien fait depuis Pola X, en 1999. « Merde » : C’est bien le titre de son nouvel opus avec un Denis Lavant très cra-cra dans le rôle de « la créature des égouts » qui terrorise la ville, et Jean-François Balmer en avocat déjanté. Rien de surprenant dans le casting, mais le film a déclenché le premier éclat de rire du festival ! A plus tard…

15/05/2008

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