Du côté des conf’

Ce matin, j’étais à Buenos Aires, puis à Tokyo. Cet après midi en Turquie, et ce soir en Pologne. C’est la magie du cinéma. Tandis que leurs films font de nous des voyageurs immobiles, les réalisateurs et les acteurs du monde entier sont ici, à Cannes, en direct et en live, devant un parterre de journalistes pour 60 minutes top chrono. Mercredi, la première conférence de presse réunissant le jury du 61 ème festival était bourrée à craquer. Sur les écrans de télévision, on attrapait des bribes en passant. Un petit détail attira mon attention. L’une des jurées, Marjane Satrapi ( la réalisatrice de « Persépolis ») alluma une cigarette, imitée aussitôt en cela par la comédienne Jeanne Balibar, autre membre du jury, puis par le président Sean Penn lui-même. Les trois fumeurs semblaient embarrassés. Comme si, bravant l’interdit, ils n’assumaient pas vraiment leur geste. Du coup leurs mots tombaient à plat. Il n’y a pas de fumée sans feu…

Aujourd’hui, dans cette même salle de conférence, plutôt clairsemée cette fois, le réalisateur israélien Ari Folman défendait son film « Valse avec Bachir », assurément l’un des ovnis de la sélection. Se défendant de toute ambition politique, il insistait sur la démarche personnelle de son documentaire d’animation. L’important pour lui était de comprendre comment s’opère, chez un soldat ordinaire, la prise de conscience de l’horreur dont il se trouve être le témoin. En l’occurrence, les massacres de Sabra et Chatila. Aucun geste, aucune pose, aucune cigarette ne venaient parasiter ce moment passionnant.
A demain.

15/05/2008

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