De l’art de se démultiplier
Comment honorer, à Cannes, le même jour, deux invitations à déjeuner, chacune promettant d’être intéressante pour une hard- blogueuse à l’affût d’informations, anecdotes et autres visages connus. Réponse : aller aux deux !
Arriver au salon des Ambassadeurs vers 12 H 30 à l’apéritif, emboîter le pas de Cédric Klapisch qui, comme moi, se rend au traditionnel déjeuner européen de la SACD (société des auteurs et compositeurs dramatiques). Attraper une coupe de champagne et se mettre en chasse. Un mot à Robin Renucci, repéré comme spectateur assidu des projections cannoises, matin et soir. Le comédien m’apprend qu’il est cette année président du Jury de l’Education nationale. En 2007, le prix, décerné à « Quatre mois, trois semaines et deux jours » (également Palme d’Or) avait suscité la polémique. Pouvait-on montrer ce film traitant de l’avortement dans les lycées ? Gérard Krawczyk, le réalisateur de « Taxi » me dit qu’il expose à Cannes des photos prises avec son téléphone portable. On peut les voir au piano bar du Carlton, où chaque soir a lieu une dégustation de vins en présence de personnalités. On y croise là-bas Jean-Claude Beineix (le frère du réalisateur Jean-Jacques Beineix), à la tête d’une compagnie d’assurances, spécialisée dans les tournages de cinéma (Kurosawa, Berri…) L’autre jour, Jean-Claude Beineix m’a livré un scoop : Benicio Del Toro a refusé de porter une perruque pour jouer Che Guevara dans le film « Che » de Steven Soderbergh, présenté jeudi dans la compétition cannoise. Du coup, il a fallu attendre que ses cheveux poussent ! Mais revenons aux Ambassadeurs, où le réalisateur Jacques Bral fumait sur la terrasse. Absent de Cannes depuis plusieurs années, il prépare un nouveau film.
Filer discrètement vers 13 H30 au moment où les gens passent à table et rejoindre le bateau d’Arte amarré dans le port de Cannes. Les Allemands déjeunent plus tard, m’avait-t-on prévenu. Ça tombe bien..
Avec 11 films en sélection officielle, dont 7 en compétition, la chaîne européenne s’affirme comme LA chaîne du cinéma. Parmi leurs co-productions, il est question autour de la table du film d’animation « Valse avec Bashir » d’Ari Folman, qui laisse à tous un souvenir puissant. Mais aussi de « Lourdes », de Jessica Hausner, un film dont on parlera sans doute l’année prochaine, ici, à Cannes. J’apprends à cette occasion que Gilles Jacob, président du festival de Cannes, fait partie du comité de sélection des films co-produits par Arte. Il faut ensuite revenir sur la terre ferme pour voir un film chinois en compétition : « Er shi si cheng ji » de Jia Zhangke. Le sous-titre est plus facile à mémoriser : « 24 city ». Une sorte de « Ressources humaines » ( le film de Laurent Cantet ) à la chinoise. On y reviendra.
17/05/2008

