Des films, des films !
Il y a des jours où l’on regrette de ne pas avoir son appareil photo sous la main. Ce n’est pas parce qu’on est journaliste qu’on n’a pas le droit d’avoir un cœur de midinette. Oui, je peux le dire, Catherine Deneuve m’a frôlée. Et pas seulement elle. Sa fille aussi, Chiara Mastrioanni, aux jambes interminables, Anne Consigny, Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos… Tous sortaient de la conférence de presse d’ « Un conte de Noël ». Premier film français à être présenté en compétition. Bon, on n’est pas chez Danielle Thompson ( « La Bûche ») mais cette tragi-comédie, à la fois drôle et cruelle, se laisse voir avec plaisir, sans que l’on s’ennuie une seconde. Ce qui est un atout, vue la longueur du film : 2 H 30 (voir aussi notre critique dans Pèlerin cette semaine).
Déception hier soir, chez Woody Allen, avec « Vicky Cristina Barcelona » ( hors compétition) « une comédie légère et romantique » selon le dossier de presse. Mais si légère, qu’il n’ y a pas grand chose à retenir de ce film. Le second degré tourne ici un peu à vide. Et la beauté et le talent des comédiennes (Pénélope Cruz, Scarlett Johansson, Rebecca, Hall) ne suffisent pas à sauver un film qui manque de génie. Cela dit, il fera, ce soir, une splendide montée des marches…
Ce matin, présentation à la presse du nouveau film du brésilien Walter Salles, très attendu depuis le remarquable « Carnets de voyages » (2004). « Linha de Passe » raconte le quotidien d’une famille pas très riche d’une cité, dans la banlieue de Sao Paulo. Une mère enceinte de son cinquième enfant, élève seule ses quatre fils : Dario veut devenir footballeur professionnel, Dinho se réfugie dans la religion évangélique, Denis multiplie les petits boulots pour gagner sa vie, Reginaldo, le plus jeune, voudrait bien connaître son père… Tous courent après leur rêve. Walter Salles point l’état d’urgence d’un pays ravagé par la violence et la misère. Et surtout la fracture d’une société où les pauvres semblent devenus invisibles aux riches. Moins évident que « Carnets de voyage », ce film révèle peu à peu sa force, son intensité. Au final, une réussite.
17/05/2008

