Archive pour le mai 20th, 2008

Vus par l’équipe du Jury oecuménique

Mardi, mai 20th, 2008

O’Horten (La nouvelle vie de Monsieur Horten)
Sélection “Un certain regard
L’ovation semblait ne plus vouloir s’arrêter pour ce bel hommage que le réalisateur rend à sa mère, ancienne sauteuse de ski…
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Delta
(Sélection officielle )

On peut voir ce film comme une parabole qui nous montre comment le refus de comportements différents par un groupe humain conduit à la mort. Ceux qui ne font pas comme nous sont nos ennemis et il faut qu’ils disparaissent…..
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Johnny Mad Dog
Sélection “Un certain regard
Un film impressionnant sur un sujet effroyable. Le réalisateur a travaillé avec de anciens enfants-soldats au Libéria. La vérité du récit s’en ressent…
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Clint Eastwood, ma star

Mardi, mai 20th, 2008

C’est d’un banal, mais je le dis quand même : dans mon panthéon des réalisateurs américains, Clint Eastwood est au sommet. A égalité avec Woody Allen. Mon drame, à chaque festival où il a un film en compétition, est que je suis condamné à juste voir passer sa silhouette (burinée, sans un poil de graisse, cheveux blancs et rides de celui à qui on ne peut plus la faire) de loin. Sauf à jouer des coudes avec une meute de journalistes et de photographes, au risque d’un coup d’appareil sur le nez, ou à détourner la vigilance du service d’ordre cannois. Mais, mettre en branle une armoire à glace qu’on ne pourra plus raisonner, je n’y pense même pas.
Disons le tout net : je donne tout de suite la Palme d’or à « L’échange », le dernier film de Clint Eastwood, présenté officiellement ce soir.  Sans préjuger, évidemment de la suite. C’est un film passionnant et admirablement réalisé. 2 h 20 d’un cinéma cousu main, digne des grands anciens d’Hollywood.

L’histoire n’est pas « gaie gaie ». Nous sommes dans les années 1920, à Los Angeles, où la police est minée par la corruption (de grands auteurs de polar américains ont fait leur chou gras de cette époque). Une mère (jouée par l’actrice Angelina Jolie, magnifique) refuse de reconnaître, dans le petit vagabond que la police lui a ramené, son fils, mystérieusement disparu quelques mois auparavant. L’affaire s’envenime. La mère est internée. Les citoyens de la ville multiplient les protestations, attisées par la découverte d’un charnier d’enfants …

Tiré d’une histoire authentique, « L’échange » offre un bouleversant portrait de femme déterminée à faire éclater la vérité, dans une société alors encore très machiste. D’autres films, dans cette sélection cannoise, mettent en valeur des femmes invaincues, à commencer par « Le silence de Lorna », des frères Dardenne (mon blog d’hier). Mais même en retrait, elles sont une présence déterminante. C’est, pour l’heure, l’une des grandes tendances de cette édition-ci.

La journée de la pauvreté

Mardi, mai 20th, 2008

Journée engagée, hier, quarante ans après « 1968 ». La Semaine de la critique, l’une des sections parallèles du festival, a organisé projections et débats autour de la pauvreté dans le monde. Si le cinéma militant a cessé de se rêver galvanisant ouvriers et étudiants en vue du « grand soir », il veut rester le témoin et le dénonciateur des injustices.Plaie mondiale, la pauvreté a inspiré deux documentaires, qu’on a pu voir : « The end of poverty ? », du Français Philippe Diaz. Un éloquent tour du monde de la misère. Et « Enfants de Don Quichotte (acte 1)», de Ronan Dénécé (sortie dans les salles fin octobre), sur le combat mené par Augustin Legrand et Pascal Oumaklouf, en octobre 2006, au bord du canal Saint-Martin, pour alerter l’opinion publique sur la situation dramatique des sans-abri à Paris, et provoquer une réaction politique. Chacun à sa manière, ces deux films vont droit au but.

Hasard ou non de la programmation, la section « Un certain Regard » - une « annexe » de la sélection officielle - projetait, hier aussi, un film - « Versailles », de Pierre Schoeller - aussi inattendu que gonflé sur des « Sans domicile fixe , réduits à vivre dans des cabanes de fortune, dans les forêts aux portes de Paris.

“Versailles” joue de prime-abord du paradoxe entre le château et ces abris dans les futaies alentours. Mais le procédé, un brin grossier, s’affine et se complexifie assez vite. L’œuvre est portée par Guillaume Depardieu, sorte d’homme des bois “rebelle mais au grand cœur” (un rôle qu’on lui attribue souvent au cinéma, à quelques variantes près), à qui une jeune SDF a abandonné son fils de cinq ans, Enzo. Que faire de ce bout de chou encombrant ? Damien, alias Depardieu, va peu à peu réapprendre la responsabilité. Non sans de gigantesques efforts, il renoue avec les siens et reconnaît l’enfant, afin de lui donner une existence sociale. Une fois qu’il sait Enzo entouré, Damien peut reprendre son errance.
Au-delà du thème des sans-abris, « Versailles » explore un sujet rarement traité au cinéma : confier de sa propre initiative son enfant, lorsqu’on se sait incapable de lui offrir affection et avenir. Fréquent, et même salutaire, dans la France d’autrefois, ce don, car s’en est souvent un, est aujourd’hui mal compris. Sortie de « Versailles » le 13 août prochain : nous y reviendrons !

Philippe Royer