Jeunes pousses
C’est une institution discrète, mais qui n’en a pas moins une place importante à Cannes. Créée par le Festival en 1998, le Cinéfondation offre des résidences et des ateliers, à Paris, à des jeunes cinéastes venus du monde entier, pour les aider dans l’écriture de leur premier long métrage. Outre ce coup de pouce, le but est aussi de les familiariser avec Cannes, et de les fidéliser.
En 1998, le festival avait ainsi voulu œuvrer au renouvellement de cette génération de créateurs, les Wenders, Scorsese, ou Schlöndorff, qui a fait les beaux jours de la compétition, mais vieillit et s’essouffle forcément.
L’idée était bonne, puisque plusieurs des jeunes pousses passées par la Cinéfondation ont depuis monté les marches avec un film. Mais l’autre volet de la Cinéfondation est de présenter, durant le Festival, une compétition de films d’écoles de cinéma et d’art, sélectionnés un peu partout.
Dans cet ensemble de trois programmes de films, on trouve des perles, certes encore mal dégrossies, mais sacrément prometteuses. Ainsi d’un court métrage d’une jeune Chinoise, Jian Xuan, élève de l’Institut d’art de Californie. Tourné dans un paysage de montagne, en Chine profonde, « August 15th » traite d’un authentique fait divers – un braquage et un viol dans un autobus, sur une ligne régulière – de manière directe, avec un tension dramatique et une maîtrise du récit qui n’ont rien à envier à des « pro ». On en sort inquiet pour la Chine, mais rassuré pour le cinéma.
Philippe Royer
23/05/2008

